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La pluralité des cultures est-elle un obstacle à l’unité du genre humain ?

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            Il est un fait : les cultures sont multiples et présentent des valeurs qui varient d’une culture à une autre. C. Lévi-Strauss remarque, dans Anthropologie structurale que la diversité des cultures, culture au sens de civilisation, est « un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés : il y ont plutôt vu une sorte de monstruosité ou de scandale «. On aurait ainsi oblitéré que la pluralité culturelle aurait une source « naturelle « à toute culture. Il est en effet naturel pour une culture de reconnaître une autre culture tout en s’érigeant comme seule et unique culture. La « monstruosité « ou le « scandale « dont nous parle l’anthropologue ne provient-elle pas d’une reconnaissance ambivalente : nous ne sommes pas seuls au monde, il existe assurément d’autres hommes appartenant à d’autres cultures mais dans le même temps notre culture c’est notre civilisation. Le « scandale « consisterait donc à percevoir spontanément les autres cultures comme le péril du tous les périls, celui de briser l’unité du genre humain, c’est-à-dire de menacer de dissémination l’humanité.

« groupe humain linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent elles -mêmes d’un nom qui signifie ‘homme’ (ou parfois — dirons-nous avec plus de dis crétion ? — les ‘bons’, les ‘ex cellents ‘, les ‘complets’), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas d es vertus ou même de la nature humaine, mais sont tout au plus composées de ‘mauvais’, de ‘méchan ts’, de ‘singes de terre’ ou d’ ‘œufs de pou’. On va souvent jusqu’à priver l’étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un ‘fantôme’ ou une ‘apparition’ ». ( Anthropologie structurale , p. 384). Dans cette optique, la multiplicité n’est pas simplement une entrave fondamentale à l’unité du genre humain, elle est aussi et surtout ce qui sépare les cultures dans un champ conflictuel. Dira-t- on que l ’ethnocentrisme est ce qui se nourrit de l’ignorance et de l’incompréhension ou encore du manque de communication des autres cult ures ? Certes, la méconnaissance de la vari été des cultures et des langues est assurément un facteur de conflit. L’hypot hèse pour séduisante soit -elle d’un appeler à une lange commune ne tient pas. Car pour que les cultures puissent s’entendre encore faut -il qu’elles cessent de se combattre les unes les autres. Une comm unication n’est possible que lorsque les comba ts cessent . Or la pluralité des cultures est avant tout la mu ltiplicité des langues au même titre des autres systèmes de communication. La diversité des cultur es est donc tout à la fois origine et effet ou manifestation des diff érences culturelles. Il semblerait q ue le différenciation culturelle cons titue elle -même la diversité conflictuelle des cultures. Cet antagoni sme apparaît aussi et surtout dans le domaine politique. En effet, de même que toute culture a une structure spécifique de codes, tout culture possède un sy stème propre d’un régime politique, d’une infrastructure spécifique. C’est dire que la multiplicité des cultures ou des civilisations implique une multitude d’organisations soci ales, des us et des coutumes, d’un système juridique et d’une forme d’inc arnation de l’autorité politique. La tentative ou la tentation de la création d’une unité politique, l’établissement d’un unique sy stème politique universel risque d’écraser ou de réduire les différences d e culture, voire encourt le péril de l’ évacuation de certaines cultures résolument inconci liables avec le système commun. Il ‘apparaît bien que la pluralité des cultures constitue un obstacle incontournable à l’unité du genre humain. Mais cette entrave est -elle proprement inhérente à la diversité cultur elle ou est-elle un obstacle historique ? Dans le premier cas de figure, il semblerait que cette entrave soit inélu ctable et donc indépassable. En revanche, dans la deuxième perspective, n’y a -t- il pas la pos sib ilité d’asseoir l’unité du ge nre humain s ur les différences culturelles elles -mêmes ? En fait , tout varie s elon l’idée que nous nous forgeons de l’unité du genre humain : si cette dernière est à comprendre sur le mode de l’ uniformité alors nous risquons l’élimination de certaines cultures ; en revanche, si par unité on entend harmonie dès lors on peut entrevoir la poss ibilité de surmonter la différences cultur elles sans porter atteinte à toute culture. Pour ne prendre qu’une seule culture, on observe que la diversité interne non seulement n’est pas un obstacle à la cohabit ation des cultures, mais qui pl us est, on constate qu’une même entité culturelle comprend dans sa dynam ique une totalité unie de « cul tures » multiples : régional es, de classes sociales, socioprofessionnelles , etc. La multiplicité culturelle repose sur la détestation de l’uniformisation. En effet, chaque culture craint pour elle -mê me la dispari tion de ses propres spécificités lorsqu’elle se croit menacée par l’uniformité. Cette répugnance de l’uniformité n’est pas statique, elle pro cède d’un mouvement de diversification perçue comme enrichissement, de lutte contre le nivellement, qui dépend des rapports mêmes qui unissent un groupe social. Nous pouvons à nouveau convoquer C. Lévi -Strau ss : « La notion de la diversité des cultures hum aines ne doit pas être conçue comme d’une manière statique. Cette diversité n’est pas celle d’un échantillon inerte ou d’un catalogue desséché. Sans doute les hommes ont-ils »

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