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La science permet-elle de connaître la réalité ?

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Piaget identifie le principe d’inséparabilité qui montre que c’est l’interaction entre le phénomène à connaître et le sujet connaissant qui forme la connaissance. Ainsi, la connaissance que ce sujet construit par son expérience dresse en même temps le mode de construction de la connaissance. En réalité, le sujet ne connaît pas les phénomènes vraiment, mais plutôt l’acte par lequel il le perçoit. Comme dit Bachelard, « Rien n’est donné, tout est construit «, c’est-à-dire que le sujet se construit la connaissance de ce qu’il voit par des représentations qu’il a lui-même choisies. Donc au final, la science ne nous fait connaître les phénomènes que de la façon dont ils nous apparaissent, et non de la façon dont ils sont réellement (il y a alors remise en cause de l’objectivité de la science).

« Ces deux derniers obstacles se révèlent notamment dans le cadre du développement historique de la pensée scientifique, et surtout, et plus important encore dans lecadre de l'enseignement pédagogique, au point que l'on peut parler d'obstacle pédagogique à la connaissance scientifique. Cette affirmation se vérifie très bienlorsque les élèves arrivent pour la première fois en classe de physique-chimie, avec des connaissances erronées, constituées par l'expérience de la vie quotidienne.Ainsi, on retrouve dans l'esprit même du scientifique des causes d'inertie et de régression de la démarche scientifique.La science, dans ce sens, ne permet alors pas une véritable connaissance du réel. 3°) La science ne permet de connaître que partiellement la réalité Cette affirmation paraît peut-être à première vue un peu lancée facilement, et de façon naïve, du fait qu'aujourd'hui on a une grande confiance en la méthodescientifique. Et de ce fait, on croit que la science est la plus grande connaissance du réel. et cela est vrai, mais quelle est la valeur de cette connaissance, parce qu'ilfaut bien sûr s'interroger sur cette valeur de la connaissance scientifique.Dans cette étude, nous nous baserons sur l'œuvre de Nietzsche, Le Gai Savoir. Dans cette œuvre philosophique, Nietzsche nous apporte un regard critique sur laconnaissance scientifique et nous enlève l'illusion qu'elle est une connaissance supérieure.Aujourd'hui, on croit connaître mieux la réalité que nos prédécesseurs, certes parce qu'il y a eu un progrès scientifique indiscutable, mais savons-nous vraimentmieux qu'eux ?Nous décrivons mieux les phénomènes que les anciens savants, c'est évident, mais nous n'expliquons toujours pas ces phénomènes, et en ce sens, nous neconnaissons pas mieux le réel qui nous entoure. On en a l'impression, et même la conviction, mais c'est une connaissance imparfaite. « Là où le chercheur naïf desanciennes civilisations ne voyait que deux choses, la « cause » et l' « effet », nous autres avons découvert une succession multiple, nous avons achevé l'image dudevenir ».Les scientifiques d'aujourd'hui ont « achevé l'image du devenir », mais l'ont-ils dépassé ?La nature déterminée nous apparaît plus qu'évidente, la « série des causes » est plus approfondie, et donc on arrive à peu près à savoir quelle chose doit se produireavant une autre, et vice-versa. Mais nous ne comprenons pas pourquoi, on reste juste dans l'idée qu'ayant déjà vu ce phénomène et celui qui s'en est écoulé, on peutprévoir l'effet que produit le premier phénomène. Mais cela ne va pas au-delà. Et Nietzsche l'explique par le fait que les scientifiques se basent sur des chosesinexistantes, ou crées par l'homme. Par exemple, les mathématiques rentrent constamment dans les sciences, parce que c'est la science de l'Homme (différent descience humaine). Et Nietzsche le dit clairement : « Nous voulons faire entrer à tout prix la finesse et la rigueur des mathématiques dans toute science (…) non pasdans la croyance que nous connaîtrions mieux les choses par cette voie, mais pour établir notre relation humaine aux choses… ».Notre image s'incarne dans toute image, dans toute chose et parce que nous pensons que tout s'enchaîne de manière causale, alors tout s'enchaîne Nécessairement demanière causale. C'est là que repose le réel problème de la science, on croit utiliser une connaissance objective, alors qu'en réalité on rattache tout à l'Homme. Et c'estaussi pour cela que toutes les réponses scientifiques restent toujours provisoires, ne sont jamais vraiment vraies, ni éternelles…Nous nous satisfaisons ainsi d'une connaissance qui nous donne seulement la connaissance de nous-même, finalement. A force de trop voir de matérialisme, decausalité, ce matérialisme et cette causalité en arrivent à être presque des dogmatismes, ou la science serait une sorte de religion qui prétendrait connaître mieux leschoses que les autres religions.Il ne faut pas bien sûre sous-estimer la valeur de la science, mais il ne faut pas non plus plonger dans un « culte » de la science, en pensant qu'elle est le meilleurchemin qui mène à la connaissance du monde réel. Finalement, si l'on part d'un point de vue purement et strictement matérialiste, alors les sciences, procédant de façon rationnelle, permettent de connaître la réalité.Seulement, elles arrivent à décrire les phénomènes, mais elles ne sont pas capable de les expliquer, ni même de les comprendre vraiment, en ce sens, elles nepermettent pas de connaître vraiment la réalité, car connaître c'est savoir décrire, mais c'est aussi comprendre et expliquer.Donc, en définitive, les sciences ne permettent de connaître que partiellement la réalité qui nous entoure, et dans laquelle nous sommes plongés. »

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