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L'expérience peut-elle nous fournir des connaissances certaines ?

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La certitude est un critère de vérité concernant un fait ou une connaissance. L'expérience est l'ensemble de mes sensations. Plus exactement, par expérience, on entend l'ensemble des vécus, et a un rapport à l'immédiateté et aux sens. La question « l'expérience peut-elle nous fournir des connaissances certaines ? » porte donc sur la valeur et la fécondité cognitive et gnoséologique de l'expérience, autrement dit sur sa possibilité ou non à produire un savoir positif sûr. En creux se dessine la question d'un modèle épistémique paradigmatique. Or si l'expérience semble bien nous fournir des connaissances certaines, dont il semble que l'on ne pourrait douter (1ère partie), il n'en reste pas moins, que l'expérience relativement à son lien avec les sens peut parfois être trompeuse, ou douteuse (2nd partie) et dans ce cas, les connaissances n'auraient pas alors le degré de certitude nécessaire pour être considérées comme sûres et s'intégrer dans une science. Pourtant, il faut sans doute bien se garder de révoquer unanimement l'expérience du champ de la connaissance, et c'est bien là que le sujet prend toute son acuité ; en effet, la question implicite porte sur la place de l'expérience dans le champ de la connaissance. Et c'est donc bien ce qu'il nous faudra finalement étudier (3ème partie) en montrant sans doute que si l'expérience est par elle-même insuffisante elle reste quand même la base de connaissance en tant qu'elle a rapport à la réalité, c'est-à-dire qu'elle peut valider ou non un modèle théorique.

La certitude est un critère de vérité concernant un fait ou une connaissance. L’expérience est l’ensemble de mes sensations. Plus exactement, par expérience, on entend l’ensemble des vécus, et a un rapport à l’immédiateté et aux sens. La question « l’expérience peut-elle nous fournir des connaissances certaines ? « porte donc sur la valeur et la fécondité cognitive et gnoséologique de l’expérience, autrement dit sur sa possibilité ou non à produire un savoir positif sûr. En creux se dessine la question d’un modèle épistémique paradigmatique.     Or si l’expérience semble bien nous fournir des connaissances certaines, dont il semble que l’on ne pourrait douter (1ère partie), il n’en reste pas moins, que l’expérience relativement à son lien avec les sens peut parfois être trompeuse, ou douteuse (2nd partie) et dans ce cas, les connaissances n’auraient pas alors le degré de certitude nécessaire pour être considérées comme sûres et s’intégrer dans une science. Pourtant, il faut sans doute bien se garder de révoquer unanimement l’expérience du champ de la connaissance, et c’est bien là que le sujet prend toute son acuité ; en effet, la question implicite porte sur la place de l’expérience dans le champ de la connaissance. Et c’est donc bien ce qu’il nous faudra finalement étudier (3ème partie) en montrant sans doute que si l’expérience est par elle-même insuffisante elle reste quand même la base de connaissance en tant qu’elle a rapport à la réalité, c’est-à-dire qu’elle peut valider ou non un modèle théorique.

« a) En effet, Descartes remarque dans Les Règles pour la direction de l'esprit : « Il faut noter en outre que les expériences sont souvent trompeuses, mais que la déduction […] peut sansdoute être omise si on ne l'aperçoit pas, mais ne saurait être mal faite mêmepar l'entendement le moins capable de raisonner ». Le principe de certitude,donc de vérité, de la connaissance scientifique repose sur la seule capacitéde la raison, ou plutôt, de l'entendement, non sur l'expérience trompeuse. Sil'expérience peut fournir des connaissances, il n'en reste pas moins que c'estde manière déductive que la science doit procéder. L'expérience est toujourssource d'erreurs, d'illusions, d'imaginations, tandis que si le raisonnement estcorrectement effectué il ne pourra qu'arriver à des connaissances certaines.La connaissance invite alors à l'établissement d'une méthode qu'il définitcomme : « des règles certaines et faciles, grâce auxquelles tous ceux qui lesobservent exactement ne supposeront jamais vrai ce qui est faux, etparviendront sans se fatiguer en efforts inutiles mais en accroissantprogressivement leur science à la connaissance vraie de tout ce qu'ilspeuvent atteindre », d'où le fait que l'expérience n'étant pas suffisammentsource de certitude ne doit pas être tenue pour un critère de vérité enscience.b) Et c'est bien ce problème que Descartes a mis en scène dans les Méditations métaphysiques à travers la question du doute hyperbolique et du malin génie. La question était alors de trouver une connaissance certaine, quine puisse pas être révoquée en doute afin de construire un ensemble deconnaissance ; d'où le cogito cartésien. C'est modèle déductif de la raison qui seule permet d'accéder à des vérités certaines, l'expérience est toujours subjective et douteuse. Descartes en montrant le cas exemplaire notamment dans la Dioptrique avec le cas du bâton brisé dans l'eau. L'expérience des sens nous montre que l'image du bâton est brisé alors que le bâton est resté droit dans les faits. L'expérience nedonc pas être source de savoir compte connu que la faillibilité des sens comme nous le montre aussi la question dumorceau de cire dans les Méditations . c) Pourtant cela ne signifie pas que l'expérience n'est aucune valeur dans la constitution d'une science, c'est-à-diredans un système de connaissance. En effet, oublier l'expérience se serait oublier le rapport à la réalité. Ce seraitdonc risquer de faire des construction de l'esprit dégagé de toute réalité. Et c'est bien l'objection que D'Alembert oppose au projet rationaliste ou plus exactement pour l'époque au projet cartésien comme il le dit dans le Discours Préliminaire de l'Encyclopédie : « Il faut avouer […] que les géomètres abusent quelquefois de cette application de l'algèbre à la physique. Au défaut d'expériences propres à servir de base à leur calcul, ils se permettent deshypothèses, les plus commodes à la vérité qu'il leur est possible, mais souvent très éloignées de ce qui estréellement dans la nature ». Transition : Dès lors, la question qui se pose est de savoir quelle est la place de l'expérience dans un système de connaissance.En effet, l'expérience semble douteux ou entachée du soupçon, alors que sans elle, la raison risque de ne plusrendre compte de la réalité. Et c'est bien la question de la valeur cognitive et gnoséologique de l'expérience qui sepose ici. III – Quelle place pour l'expérience dans la connaissance ? a) Il apparaît donc que c'est bien le statut de l'expérience qui pose problème, car si l'expérience semble être unesource de connaissance dans certain domaine, elle se révèle incapable dans d'autres d'apporter la moindreconnaissance. Or comme le remarque Sextus Empiricus dans ses Esquisses pyrrhoniennes : Les sens, donc l'expérience ne disent rien de certain sur ce qui existe. Ils ne nous permettent pas de juger de l'état extérieur deschoses. Ils ne cessent de se contredire. Mais néanmoins il faut se fier à eux dans la vie quotidienne. On ne peutnégliger les informations des sens. Dans le domaine des affaires courantes, il serait absurde d'être aussi exigeantque dans celui des connaissances scientifiques.b) Néanmoins, il ne faut négliger l'apport de l'expérience dans la connaissance, même si elle ne suffit pas, comme leremarque Kant dans la Critique de la raison pure : « Toute notre connaissance commence avec l'expérience, cela ne soulève aucun doute […] Mais si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elledérive de l'expérience ». En effet, pour Kant, la connaissance vient de l'esprit car l'expérience a besoin des cadresde l'esprit, plus exactement des catégories pour avoir un sens. Néanmoins, sans l'expérience, c'est-à-dire un retourau divers de l'expérience, ou en terme kantien l'intuition, les catégories sont vides et ne peuvent pas nousapprendre quelque chose sur le réel. Elles n'auraient donc aucune valeur de connaissance, donc aucun rapport à lavérité. En ce sens la connaissance dépendra du rapport entre ce qu'un composé de ce que nos observations nousfont connaître, et de ce que notre propre pouvoir de connaître produit de lui-même. L'expérience en elle-même, nonguidée par les concepts et par l'esprit, serait parfaitement stérile. »

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