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Mieux vaut se perdre dans la passion qu'avoir perdu toute passion ?

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excitées en l'âme sans le secours de sa volonté. » Descartes, Lettre à Elisabeth, 6 oct. 1645. On retient une fois encore que la passion correspond à une forme de l'activité, qu'elle contraint donc à sortir de sa réserve et nécessite un engagement.   « J'appelle ici passions toutes les émotions que l'âme ressent naturellement à l'occasion des mouvements extraordinaires des esprits animaux. » Malebranche, De la recherche de la vérité, 1674-1675. Le sujet est donc dépassé par cette impulsion, mais elle le pousse quelquefois très loin dans la découverte, le savoir, les acquisitions.     Troisième partie : Se perdre ou se trouver   « Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès. » Descartes, Les Passions de l'âme, 1649. La question que soulève Descartes ne passe donc plus par une appréciation négative ou positive mais participe de la notion de mesure.

Le sujet implique une perception négative de la passion en y accolant l'idée de perte : qui est pris par la passion décline toute responsabilité et se livre aux égarements les plus imprévisibles.   « Les passions sont comme la peste et le typhus. Cessez de les combattre, elles reviennent. « Alain, Propos du 21 juin 1930.

Cependant, à côté de ce jugement dépréciatif, pointe l'idée que la passion a une vocation positive, puisqu'elle est aussi ce qui donne vie aux êtres, ce qui leur insuffle le courage de se battre et d'exister.

« Analyse du sujet - « Malheur à celui qui n'a plus rien à désirer ! » clame Rousseau dans la Nouvelle Héloïse. Il semble dans cette perspective que la passion fasse partie intégrante de l'homme, qu'elle soit l'expression fondamentale etessentielle de sa nature comme être charnel, sensible. - La passion, en effet, est ce par quoi l'homme est ouvert à la dimension du possible et de l'imaginaire. Traçant des lignes de faille dans la plénitude du réel, il y introduit l'absence. Tout à tour destructeur etentreprenant, la passion met le monde en chantier. - L'ascétisme figure l'idéal d'une humanité enfin délivrée de la passion et nous rappelle que si l'homme est attaché à ses passions comme à l'expression de sa vie même, il est tout aussi pressé de s'en débarrasser.Que signifie donc cet empressement, positif ou négatif ? Ne doit-on pas justement reconnaître que la passionest maîtresse de nous plutôt que nous la dominions ? Et si elle nous aliène ainsi – c'est-à-dire qu'elle prendles commandes de notre propre navire – ne vaut-il pas mieux l'étouffer ? - En réalité, le sujet pose une alternative claire : être animé et vivre pleinement ses passions, ou, à l'inverse, vivre sans passions, c'est-à-dire débarrasser de tout ce qui pourrait nous aliéner en tant quemaître de soi-même. Or, on nous demande ici de voir ce qui est préférable. Il y a de genre du préférable : lepréférable en soi et le préférable pour nous. A quel genre de préférable appartient notre alternative ? En quoiserait-il préférable en soi – c'est-à-dire absolument et nécessairement – de vivre sans passion, ou à l'inversede se perdre dans la passion ? Il s'agit donc d'analyser les conséquences directes de ce choix cornélien afinpour voir laquelle des deux propositions à la plus préjudiciable à l'homme, comme être à la fois sensible etraisonnable. - Car, si être raisonnable c'est se conduire selon la raison par le choix autonome d'une loi qu'on se prescrit, d'une loipour tous, alors ne doit-on pas exclure ses passions parce qu'on ne les a pas choisi et qu'elles sont particulières? Nevaut-il pas mieux obéir à la nature, à l'ordre, se dominer, souffrir, supporter et se taire selon la sagesse desstoïciens ? Selon eux le bonheur est dans la vertu, seule la vertu compte: il faut donc être indifférent à tout ce quirelève de la sensibilité, des désirs, des mirages de l'imagination et nier la douleur. Mais cet abandon des passions neréduit-il pas une vie humaine à l'inertie? N'est-ce pas perdre toute raison de vivre ?- En réalité, ce qu'il s'agit de comprendre ici c'est la nature même de la passion ; si on la définit commepouvoir actif et envahissant de l'imagination qui étend la dimension du possible à l'infini, alors peut-être que lapassion est dangereuse pour l'action humaine, en tant que toute action implique que ce soit le sujet lui-même quiagit et ne pas quelque chose d'autre, en lui, qui aliènerait sa propre liberté. Mais si l'on définit la passions commeune partie intégrante de l'essence de l'homme, alors vivre sans passion, pour un homme, c'est abolir en lui une partiede son humanité qui reste composé d'éléments paradoxaux (parce qu'il est tout à la fois être de passions et dedésirs et être de raison). On comprend alors, au fond, que ce qui est mis ici à la question, ce sont les rapports entrepassion et raison. S'excluent-elles toujours ? Problématique Y a-t-il un sens à trancher entre l'alternative qui met au joue « se perdre dans sa passions » ou « vivre sanspassion » ? Est-il préférable de renoncer à perdre toute passion pour rester maître de sa propre existence plutôt quede sa laisser conduire entièrement par elle ? Le présupposé sur lequel repose cette alternative est-il juste : le vivreavec passion est-il toujours, nécessairement, synonyme de se perdre dans la passion ? Ne peut-on pas envisagerune solution dialectique qui soit, en réalité, préférable en soi ? Plan I- La passion comme aliénant le sujet-agent : le préférable du « vivre sans passion » ? · L'état de passion apparaît d'emblée comme équivoque : le mot « passion » en effet désigne en premier lieu tous les phénomènes passifs de l'âme. Les cartésiens nommaient « passions » tous les étatsaffectifs (plaisirs, douleurs, émotions), pensant qu'ils étaient subis par l'âme du fait de son union avec lecorps. · D'un autre côté, la passion est une inclination si ardente qu'elle envahit l'individualité tout entière, balayant tout sur son chemin : en ce sens la passion est de l'ordre de l'activité, elle constitue une desforces vives du comportement humain. Cette ambiguïté fondamentale du concept de passion s'expliquepar les péripéties de son histoire. Dans son sens ancien, la passion est l'accident consistant à subir uneexagération de la tendance fondamentale qui veut que chaque être veille à se conserver. Les passions,on le sait, sont donc nocives à leurs yeux et le sage doit s'en garder s'il veut atteindre la sereineimpassibilité qui constitue le bonheur. · La réhabilitation des passions commence avec Descartes pour qui « elles sont toujours bonnes de leur nature », étant donné qu'elles ont une fonction naturelle qui est de « disposer l'âme à vouloir leschoses que la nature nous dicte utiles et à persister en cette volonté » (Traité des passions, article 52).Un véritable renversement n'intervient qu'avec les romantiques qui exaltent les passions, parce qu'ellesélèvent et affermissent l'âme du vrai « sage », lequel, pas plus qu'un autre, n'est à l'abri de l'influence : »

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