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Peut-on discerner dans les changements du droit un progrès vers la justice ?

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D'autre part, le libéralisme cherche à promouvoir la conception du juste donnée par Kant plus haut, comme liberté maximale de tous les individus. Transition : Pour autant, nous ne pouvons conclure maintenant, car ce n'est pas résoudre un problème que d'affirmer que de l'opinion de l'un nous avons quelque chose, et que de l'opinion d'un autre nous avons autre chose. Qu'est-ce que ces disparités d'opinions sur la justice peuvent nous apprendre ?   3. La notion de justice s'expose à des interprétations contradictoires parce qu'il lui faut prendre le temps de devenir effective. a) Au regard des conceptions divergentes de la justice qu'on a pu explorer avec Kant et Platon, il semblerait que cette notion soit une notion vide de sens, qui puisse autant vouloir dire une chose que son inverse. Nous succomberions alors à la tentation du relativisme qui affirme qu'il n'y a pas de vérité, et nous pourrions alors dire qu'il n'y a finalement pas de justice. Si tel était le cas, le sujet n'aurait pas vraiment de sens et il faudrait y répondre en affirmant que les changements du droit ne permettent pas de discerner un progrès vers la justice puisqu'il n'y a pas de justice. b) Mais cette réponse facile ferait l'impasse sur la complexité du réel. Si la justice selon Platon et la justice selon Kant sont contradictoires, ce n'est peut-être pas parce qu'il n'y a pas de justice, mais plutôt parce que le concept de justice met du temps à advenir au réel.

 

Analyse du sujet :

-          Le sujet pose tout d’abord problème car nous n’avons pas d’idée claire de ce qu’est la justice. Il est donc difficile de savoir si l’on s’en rapproche ou non, puisqu’on ne sait pas ce que c’est.

-          On peut interpréter la justice comme étant ce qu’incarne toujours le droit, et donc il n’y a pas de rupture entre droit et justice, ils sont toujours quasiment identiques.

-          Si tel est le cas, il y a autant de justices qu’il y a de législations, et le sujet ne pose pas vraiment problème.

-          On peut aussi considérer que la justice est une réalité qui existe de toute éternité, une sorte d’état des relations sociales qui ordonnerait les hommes à la perfection et contribuerait à leur bien.

-          Si tel est le cas, la justice constituerait un idéal que le droit essayerait d’atteindre.

-          Si l’on s’en tient à cette position, le droit devrait effectivement connaître un progrès vers la justice.

-          Mais peut-on dire que le progrès existe ?

-          Si oui, de quelle manière et dans quel rapport au droit ?

 

 

Problématisation :

Il peut apparaître évident que le droit change en faveur de la justice, puisque nous constatons par exemple que les hommes se rapprochent de plus en plus de l’égalité au niveau du droit. Mais nous pouvons nous demander aussi si c’est bien en cela que repose la justice : le droit ne s’est-il pas trompé de direction ? Avons-nous une idée assez distincte de la justice pour pouvoir affirmer que le droit progresse vers elle ?

 

« a) En effet, la définition que Platon nous donne de la justice ne semble pas en adéquation avec celle qui estcommunément répandue dans les sociétés occidentales contemporaines. Nous aurions plutôt tendance à définirmaintenant la justice selon les termes kantiens. Kant écrit qu'est « juste toute action ou toute maxime qui permet à la libre volonté de chacun de coexister avec la liberté de tout autre suivantune loi universelle. » ( Métaphysique des moeurs, doctrine du droit.) Cela signifie que la justice correspond d'une part au fait que la liberté de chacunsoit maximisée et puisse subsister en accord avec celle des autres, et d'autrepart au fait que cette limitation réciproque des libertés se fasse sous une loipratique rationnelle.b) Cette justice exige pour se mettre en acte à un niveau étatique le progrèsde la culture, progrès qui correspond à celui des Lumières. Pour se réaliser,ces Lumières doivent aider les hommes à se libérer du préjugé consistant àcroire que la nature n'est pas soumise aux règles de l'entendement. L'hommedoit sortir d'une minorité (au sens d'être mineur, c'est-à-dire irresponsable)dans laquelle il se complaît - par paresse et lâcheté - en se soumettant à destuteurs sécurisants. La devise des Lumières est : « Aie le courage de te servirde ton entendement. » (Kant l'écrit dans son ouvrage intitulé Qu'est-ce que les Lumières ? ) Cette conception de la justice est en opposition avec celle de Platon, car ici, c'est bien des démocraties libérales dont il fait l'apologie.Platon n'avait pas perçu la notion de progrès, et il voyait dans la démocratiele pouvoir légué à des individus incompétents. Kant conçoit le progrès et lefait que pour que les Lumières se répandent parmi les hommes, il faut leur endonner les moyens en leur conférant des responsabilités. Si les hommes nenaissent pas doués pour la démocratie, ils sont capables de l'apprendre. Kantécrit dans Qu'est-ce que les Lumières ? : « Les hommes se mettent d'eux- mêmes en peine peu à peu de sortir de la grossièreté, si seulement on ne s'évertue pas à les y maintenir »c) Aussi, nous pouvons remarquer que d'un point de vue kantien, les changements dans les lois nous invitent àpenser qu'il y a bien un progrès vers la justice. Considérer que tous les hommes sont des citoyens libres et égaux,c'est bien inscrire dans le droit l'idée selon laquelle ils s'acheminent vers les Lumières, et donc à plus ou moins longterme vers la justice. Le droit de vote au suffrage universel pourrait ainsi être pris en exemple pour montrer que lepeuple a droit a plus de justice. D'autre part, le libéralisme cherche à promouvoir la conception du juste donnée parKant plus haut, comme liberté maximale de tous les individus. Transition : Pour autant, nous ne pouvons conclure maintenant, car ce n'est pas résoudre un problème que d'affirmer que de l'opinion de l'un nous avons quelque chose, et que de l'opinion d'un autre nous avons autre chose.Qu'est-ce que ces disparités d'opinions sur la justice peuvent nous apprendre ? 3. La notion de justice s'expose à des interprétations contradictoires parce qu'il lui faut prendre le tempsde devenir effective. a) Au regard des conceptions divergentes de la justice qu'on a pu explorer avec Kant et Platon, il semblerait quecette notion soit une notion vide de sens, qui puisse autant vouloir dire une chose que son inverse. Noussuccomberions alors à la tentation du relativisme qui affirme qu'il n'y a pas de vérité, et nous pourrions alors direqu'il n'y a finalement pas de justice. Si tel était le cas, le sujet n'aurait pas vraiment de sens et il faudrait yrépondre en affirmant que les changements du droit ne permettent pas de discerner un progrès vers la justicepuisqu'il n'y a pas de justice.b) Mais cette réponse facile ferait l'impasse sur la complexité du réel. Si la justice selon Platon et la justice selonKant sont contradictoires, ce n'est peut-être pas parce qu'il n'y a pas de justice, mais plutôt parce que le conceptde justice met du temps à advenir au réel. En suivant l'enseignement de Hegel, nous pouvons affirmer avec lui quela réalité est parelle-même contradictoire car elle est trop riche pour ne pas contenir une pluralité de sens. Cela est dû au fait que leconcept est toujours en mouvement et qu'il advient justement au réel dans une dynamique par laquelle il secontredit lui-même pour finir par se déployer. Le réel consiste en un processus de différenciation, et ces choses quel'on ressent comme différentes ne sont en réalité que les différents moments d'un mouvement. La contradictionentre Platon et Kant se résout donc ainsi : tout deux exprimaient deux moments différents de l'histoire du conceptde justice. »

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