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Un savant, invité à préciser l'influence que lui semblait pouvoir exercer sur le bonheur de l'humanité le progrès scientifique, formulait la réponse suivante : La science est aveugle elle est capable de servir tous les maîtres et de répondre à tous les appels, à ceux de la violence aussi bien qu'à ceux de la charité et de la justice; c'est une esclave sans âme, se prêtant à tontes les fins, travaillant indifféremment au malheur et au bonheur des hommes. Expliquez, commentez et au besoin discutez ce jugement.

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scientifique

b) Les sciences de l'homme. — Ces fins qui sont hors de la compé­tence des sciences de la nature, les sciences de l'homme (psychologie, sociologie, histoire, politique...), ne peuvent-elles pas nous les fournir

 

Nous devons répondre par la négative, car elles aussi ont pour unique objet de faire connaître ce qui est et de déterminer les lois générales de l'activité de l'homme, soit dans sa vie individuelle, soit dans la vie collective. La psychologie collective, par exemple, peut nous apprendre comment on mène une foule; il ne lui appartient pas de nous dire où il faut la mener.

« 34 I;>iTRODLCTION 2° La science permet de dfriger ces f on es et de les faire servir à la réalisation de nos fins ou de nos desseins - canalisées, les eaux du torrent, au lien de dévaster les champs qu'elles traversent, produisent le courant électrique qui fait tourner nos moteurs -; mais elle ne fixe pas de fins ou de buts : elle ne dit pas à quoi il faut employer le courant électrique ou l'énergie libérée par la désintégration de l'atome. b) Les &ciences de l'homme. - Ces fins qui sont hors de la compé­ tence des sciences de la nature, les sciences de l'homme (psychologie, sociologie, histoire, politique ... ), ne peuvent-elles pas nous les fournir P Nous devons répondre par la négative, car elles aussi «mt pour unique objet de faire connaître ce qui est et de déterminer les lois générales de l'activité de l'homme, soit dans sa vie individuelle, soit dans la vie collective. La psychologie collective, par exemple, peut nous apprendre comment on mène une foule; il ne lui appartient pas de nous dire où il faut la mener. B. La scien:cl'! sert au malheur de l'humanité comme à son bonheur. a) Le savoir lui-même. - 1° On ne saurait nier la joie de connaître si intense chez le savant qui fait une découverte et qui reste appréciable chez l'homme instruit. 2° Mais on arrive vite aux limites de son savoir et on éprouve une angoisse de l'inconnu qu'ignore le primitif. Ensuite les satisfactions qu'éprouve le Sa\·ant à saYoir ont, comme contrepartie chez l'ignorant un regret qu'il n'éprouverait pas dans une société où tous seraient à son niveau. b) Ses applications. i0 Il est bien vrai que les progrès de la science ont permis dans les pays civilisés un équipement économique et ,social qui a singulièrement réduit la souffrance physique (anesthésiques, asepsie, chirurgie), réduit la fatigue de l'homme tout en déeuplant sa productivité (ma.chines, moteurs ... ); d'où augmentation de bien-être. 2° Mais cette augmentation de bien-être restée fort restreinte a été chèrement payée. La souffrance morale n'a pas diminué; on peut même croire que l'ex· tension de la culture, en développant la sensibilité, l'a plutôt accrue; d'ailleurs, la. satisfaction de nos désirs fait apparaître des désirs nouveaux que nous souffrons de ne pas pouvoir satisfaire. Ensuite et surtout les techniques scientifiques sont a.u·ssi employées pour le mal de l'homme : qu'il suffise de signaler la. puissance de des­ truction des guerres modernes et la puissance d'asservissement des esprits que représente la propagande méthodique des partis. II. - LE SAVANT. On nous objectera peut-être que jusqu'ici nous avons fait le proci$ d'une abstraction : la science, eit que nous porterions un autre jugement si nous considérions le savant lui-même. A. Le savant collabore au bonheur de l'humanité. - a) Par sa vie personnelle. -Si on peut comparer l~ science à une force aveugle au • »

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