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L'imagination et l'image Baruch Spinoza, L'Ethique, II, XVII, scolie. « Or ces affections du corps humain, dont les idées nous représentent les corps extérieurs … »

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spinoza

« Or ces affections du corps humain, dont les idées nous représentent les corps extérieurs comme nous étant présents, nous les appellerons, pour nous servir des mots d'usage, images des choses, bien que la figure des choses n'y soit pas contenue. Et lorsque l'âme aperçoit les corps de cette façon, nous dirons qu'elle imagine. Maintenant, pour indiquer ici par avance en quoi consiste l'erreur, je prie qu'on prenne garde que les imaginations de l'âme considérées en elles-mêmes ne contiennent rien d'erroné ; en d'autres termes, que l'âme n'est point dans l'erreur en tant qu'elle imagine, mais bien en tant qu'elle est privée d'une idée excluant l'existence des choses qu'elle imagine comme présentes. Car si l'âme, tandis qu'elle imagine comme présentes des choses qui n'ont point de réalité, savait que ces choses n'existent réellement pas, elle attribuerait cette puissance imaginative non point à l'imperfection, mais à la perfection de sa nature, surtout si cette faculté d'imaginer dépendait de sa seule nature, je veux dire (par la Déf. 7, partie 2) si cette faculté était libre. «

Baruch Spinoza, L'Ethique, II, XVII, scolie.

A partir de la définition de l'image, Spinoza va examiner le pouvoir de l'imagination et la valeur de ses représentations. « Considérée en elle-même «, comme faculté de représentation de la corporéité, l'imagination peut-elle être légitimement accusée de « puissance trompeuse « (Pascal) ou encore de « folle du logis « (Malebranche) ?

Plan

Introduction

I. L’imagination faculté de représentation des corps

a) « Des images des choses «

b) Représentation et reproduction

II. Le problème de l’erreur

a) Une image n’est pas une erreur

b) L'erreur comme privation

III. L’imagination : entre vice et vertu, servitude et liberté

a) L’imagination comme vertu

b) L’imagination entre servitude et liberté

Conclusion

« Introduction A partir de la définition de l'image, Spinoza va examiner le pouvoir de l'imagination et la valeur de ses représentations. « Considérée en elle-même », comme faculté de représentation de la corporéité, l 'imagination peut-elle être légitimement accusée de « puissance trompeuse » (Pa scal) ou encore de « folle du logis » (Malebranche) ? Invalidant cette disqualification classique de l'im agination, Spinoza semble réhabiliter l'imagination comme puissance ve rtueuse. Néanmoins, il conviendra de mesurer la valeur de cette reconnaiss ance du pouvoir d'imaginer, car elle n'apparaît qu'au conditionnel. En quel sens précis Spinoza fait-il l'éloge de l'imagination ? I. L’imagination faculté de représentation des corps a) « Des images des choses » Spinoza présente tout d'abord une définition des im ages que nous avons des choses. Ces images sont des impressions corpore lles mais distinctes des simples traces matérielles. En effet, l'élaboration d'une image apparaît comme un processus complexe au cours duquel interviennent l'affection du corps humain et l'idée de cette affection qui est représe ntative du corps extérieur. Une image n'est pas seulement une affection du corp s humain, car une telle affection est une sensation. Imaginer, ce n'est don c pas sentir. L'image est de l'ordre non de la sensation, mais de la représentat ion. En ce sens, elle ne nous présente pas le sensible, mais nous le représente p ar une idée des affections du corps humain. L'image se définit donc par son pouvoir de représen tation de la corporéité. Une image serait alors ce qui nous reli erait à l’extériorité en se présentant comme une « image des choses ». La natur e de l'image est définie par sa fonction de liaison à autre chose qu'à elle- même qu'elle rend présente à l'esprit. Sa nature est contenue dans sa relativité par laquelle elle renvoie à un corps extérieur à elle. Comment nous représente-t-elle le corps extérieur ? Une image nous livre une représentation du corps « comme présent » . C'est sur le mode de la présence que l'image nous livre une représentation du corps, ce qui ne veut pas dire que ce corps extérieur soit réellement et actuellement présent. Il est comme présent. Que le corps extérieur soit réellement présent ou a bsent, son image nous le représente sur le mode de la présence. En ce sen s, une image n'est pas liée à »

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